J’ai testé la formation cybersécurité gratuite validée par l’ANSSI (et franchement, c’est du solide)

Mardi dernier, 21h30. Mon voisin débarque chez moi en panique totale. Son compte bancaire venait de se faire vider. 2400€ envolés. La raison ? Un mail de phishing qui imitait sa banque. Classique.

C’est fou le nombre de gens qui se font encore avoir en 2024. Et le pire, c’est qu’on pense tous que ça n’arrive qu’aux autres. Jusqu’au jour où… Bref. Cette histoire m’a donné envie de creuser le sujet de la cybersécurité. Pas pour devenir expert, juste pour comprendre les bases. Histoire de pas finir comme mon voisin (et histoire de pouvoir l’aider un peu aussi). Bon, entre deux sessions sur un jeu rétro de DJ, j’ai testé la nouvelle formation gratuite dont tout le monde parle. Celle qui est validée par l’ANSSI. Et franchement ? C’est du solide.

17Cyber : le nouveau numéro qu’il faut absolument enregistrer

Avant de parler formation, faut que je vous parle d’un truc. La gendarmerie vient de lancer un nouveau service qui s’appelle 17Cyber. En gros, c’est comme le 17 normal mais pour les problèmes cyber. Arnaque en ligne, piratage, chantage numérique… Vous appelez, ils vous orientent.

L’idée est plutôt bien pensée. Parce que soyons honnêtes, quand on se fait pirater son compte Instagram à 23h, on sait pas trop vers qui se tourner. Le commissariat du coin ? Pas sûr qu’ils sachent quoi faire. Là au moins, on tombe sur des gens formés.

J’ai pas encore eu l’occasion de tester (et j’espère ne jamais avoir à le faire). Mais c’est rassurant de savoir que ça existe.

La formation gratuite qui cartonne (et pour de bonnes raisons)

Revenons à cette fameuse formation. Elle vient d’être lancée et elle est complètement gratuite. Mieux : elle est validée par l’ANSSI, l’agence nationale de cybersécurité. Autant dire que c’est du sérieux.

Le programme est vraiment bien foutu :

  • Les bases de la sécurité informatique (sans jargon technique incompréhensible)
  • Comment reconnaître les arnaques les plus courantes
  • Les bons réflexes pour protéger ses données
  • Des cas pratiques tirés de vraies attaques

Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est l’approche. Pas de cours magistral barbant. On apprend en faisant. Genre, ils te montrent un vrai mail de phishing et tu dois repérer les indices suspects. Ou alors ils te font créer un mot de passe vraiment sécurisé (spoiler : « 123456 » c’est pas une bonne idée).

Mon expérience après 3 semaines

J’ai commencé la formation il y a trois semaines. Une heure par jour, le soir après le boulot. Parfois plus le weekend quand j’étais motivé.

Premier constat : c’est accessible. Vraiment. Pas besoin d’être informaticien pour suivre. Ma mère de 65 ans pourrait le faire (d’ailleurs je vais lui conseiller).

j'ai testé formation cybersécurité

Deuxième constat : on apprend des trucs utiles au quotidien. Par exemple, j’ai découvert qu’on pouvait vérifier si nos données avaient fuité sur le dark web. J’ai testé avec mon mail principal. Résultat : 4 fuites de données depuis 2019. Sympa.

Le module sur les mots de passe m’a particulièrement marqué. J’utilisais le même mot de passe partout (avec des variantes bidons genre ajouter un « 1 » à la fin). Maintenant j’ai un gestionnaire de mots de passe. C’est con mais ça change tout.

Les jeunes, cibles privilégiées (et c’est pas ce qu’on croit)

Un truc qui m’a surpris dans la formation : les stats sur les jeunes et la cybersécurité. On pense souvent que les digital natives maîtrisent. Que dalle.

Les 18-25 ans sont les plus touchés par certains types d’arnaques. Notamment tout ce qui tourne autour des cryptos, des faux investissements, des arnaques aux sentiments sur les apps de rencontre…

La raison ? Ils sont connectés H24 mais n’ont jamais vraiment appris à se méfier. Ils ont grandi avec internet, donc pour eux c’est naturel. Sauf que les arnaqueurs aussi ont évolué.

Du coup, plusieurs initiatives se montent pour sensibiliser spécifiquement cette tranche d’âge. Des ateliers dans les facs, des campagnes sur TikTok… C’est bien mais clairement pas assez.

L’exemple qui fait réfléchir

Dans la formation, ils donnent l’exemple d’un étudiant qui s’est fait avoir par une fausse offre d’emploi. Le mec cherchait un job d’été. Il tombe sur une annonce parfaite. Salaire correct, horaires flexibles, télétravail possible. Le rêve.

Il postule, passe un « entretien » par chat (premier red flag qu’il a pas vu). On lui demande ses papiers d’identité pour « préparer le contrat ». Il envoie. Deux semaines plus tard, quelqu’un avait contracté un crédit à son nom. 8000€.

Morale de l’histoire : même les trucs qui ont l’air légitimes peuvent être des arnaques.

NIS2 : le truc dont personne ne parle (mais qui va tout changer)

Alors là, accrochez-vous. Y’a une nouvelle directive européenne qui arrive. Elle s’appelle NIS2. Et elle va obliger plein d’entreprises à se mettre sérieusement à la cybersécurité.

Concrètement ? Les boîtes qui gèrent des trucs importants (énergie, transport, santé, mais aussi plein d’autres secteurs) vont devoir prouver qu’elles protègent correctement leurs systèmes. Sinon, amendes salées.

Pourquoi je vous parle de ça ? Parce que ça veut dire que le marché du travail en cybersécurité va exploser. Les entreprises vont avoir besoin de monde. Et pas forcément des experts niveau NSA. Juste des gens qui comprennent les bases et peuvent aider à mettre en place les bonnes pratiques.

La formation gratuite dont je parlais ? Elle peut être un premier pas dans cette direction. Après, faudra approfondir si on veut vraiment bosser là-dedans. Mais c’est un début.

Ce qui va changer concrètement

Les entreprises concernées vont devoir :

  • Faire des audits de sécurité réguliers
  • Former leur personnel (enfin !)
  • Avoir un plan en cas d’attaque
  • Signaler les incidents graves dans les 24h

Et les dirigeants seront personnellement responsables. Fini le temps où on pouvait dire « c’est l’informatique qui gère ». Ça va secouer.

Mes conseils après trois semaines de formation

Bon, je suis loin d’être expert. Mais voilà ce que j’ai retenu d’essentiel :

Les mots de passe
Arrêtez avec « Azerty123 ». Sérieux. Utilisez un gestionnaire de mots de passe. Y’en a des gratuits qui font très bien le job. Chaque site = un mot de passe unique et complexe.

La double authentification
Activez-la partout où c’est possible. C’est relou, je sais. Mais ça peut vous sauver la mise. Mon pote s’est fait pirater son compte Casinozer (vous savez, une plateforme avec des centaines de jeux) parce qu’il avait pas activé la 2FA. 300€ de perdus.

Les mails suspects
Dans le doute, appelez. Votre banque vous demande vos codes par mail ? Appelez-les. Le fisc vous menace ? Appelez-les. Amazon vous rembourse 500€ ? Appelez… non en fait là c’est sûr que c’est une arnaque.

Les réseaux sociaux
On partage trop d’infos. Date de naissance, nom du chien, ville natale… Tout ça, c’est du pain béni pour les hackers. Ils s’en servent pour deviner vos mots de passe ou répondre à vos questions de sécurité.

Le paradoxe de la sensibilisation

Ce qui me frappe, c’est qu’on a plein d’outils et de formations disponibles. Mais les gens s’en foutent un peu. Jusqu’au jour où ça leur tombe dessus.

C’est comme les sauvegardes. Tout le monde sait qu’il faut en faire. Personne le fait. Et puis un jour, disque dur HS, et là c’est le drame. Photos de famille, documents importants, tout disparaît.

La cybersécurité, c’est pareil. On se dit que ça n’arrive qu’aux autres. Que nous, on est malins, on fera attention. Spoiler : non.

Les arnaqueurs sont de plus en plus créatifs. Ils utilisent l’IA pour créer des mails ultra réalistes. Ils clonent les voix pour faire des appels bidons. Ils créent des sites identiques aux vrais.

Face à ça, la vigilance ne suffit plus. Il faut vraiment se former.

FAQ

Cette formation gratuite, elle dure combien de temps ?

Comptez environ 20 heures pour tout boucler. Mais vous pouvez y aller à votre rythme. Perso j’ai mis trois semaines en faisant une heure par jour. Certains modules sont plus longs que d’autres. Celui sur les mots de passe, je l’ai fini en 45 minutes. Celui sur les attaques par ingénierie sociale, j’y ai passé 3 heures tellement c’était passionnant – un peu comme les négociations de deals au poker où la psychologie entre en jeu.

C’est vraiment accessible aux débutants complets ?

Totalement. Ils partent de zéro. Genre vraiment zéro. Ils t’expliquent même ce qu’est un navigateur web. Bon, là c’est peut-être too much, mais au moins t’es sûr de pas être largué. Ma voisine de 72 ans a commencé la semaine dernière et elle s’en sort très bien.

Le certificat ANSSI, ça vaut quoi sur le marché du travail ?

Alors soyons clairs : avec juste ça, vous devenez pas expert cybersécurité chez Google. Mais c’est un vrai plus sur un CV. Ça montre que vous avez les bases, que vous êtes sensibilisé aux enjeux. Pour des postes où la cyber est pas le cœur du job mais où c’est un plus (genre community manager, assistant RH, commercial…), ça peut faire la différence. Et puis c’est gratuit, donc bon.

17Cyber, c’est disponible partout en France ?

Oui, c’est national. Vous composez le 17 et vous demandez à être transféré vers 17Cyber. Ou vous pouvez les contacter directement via leur site. Ils sont dispo 24h/24. Par contre, pour les petits soucis (genre un doute sur un mail), mieux vaut d’abord se renseigner en ligne. Gardez 17Cyber pour les vraies urgences : piratage en cours, chantage, arnaque importante…

Voilà. Si vous avez 20 heures devant vous, foncez. C’est gratuit, c’est utile, et ça pourrait vous éviter de gros problèmes. Ou au minimum, vous saurez quoi faire le jour où votre voisin débarque en panique un mardi soir.