
J’ai découvert un truc la semaine dernière. Mon portfolio que je trouvais super clean, impossible d’y naviguer sans souris. Zero. Nada. Tu appuies sur Tab et… rien ne se passe comme prévu. Les menus déroulants restent fermés, les liens sont dans un ordre bizarre, certains boutons sont juste invisibles au clavier.
Ça fait 5 ans que je fais du web et j’avais jamais vraiment vérifié ça.
Ce qui est dingue, c’est qu’on parle de millions de personnes concernées. Pas juste les aveugles ou les paraplégiques (même si évidemment, eux aussi). Non, on parle de ta grand-mère qui plisse les yeux devant son iPad, ton collègue avec son bras dans le plâtre, toi-même quand t’as oublié tes lunettes. L’accessibilité, c’est pour tout le monde en fait.
Les stats font flipper quand même. Plus de 80% des sites web restent inutilisables pour les personnes handicapées. En 2026. À l’ère de ChatGPT et des cryptos. On envoie des touristes dans l’espace mais on peut pas faire un bouton cliquable correctement.
J’ai creusé un peu le sujet et clairement, les entreprises commencent à flipper. Normal, les sanctions tombent. Une société française vient de se manger une prune de 90k€ pour non-respect des normes. Aïe. Du coup tout le monde se réveille d’un coup. « Ah mais oui, l’accessibilité, super important, on va s’y mettre tout de suite ». Ouais ouais.

Ce qui est fou, c’est que même des sites récents comme rolletto-casino ont compris l’intérêt. Pas juste pour éviter les amendes, mais parce que 15% de clients potentiels en plus, ça se refuse pas.
Le truc qui me tue, c’est qu’on se complique la vie pour rien.
Genre on imagine qu’il faut tout casser, tout reconstruire, engager une armée de consultants. Mais non. La base c’est vraiment simple. Du texte lisible sur son fond (noir sur jaune pâle, sérieusement ?). Des zones cliquables suffisamment grandes. Des descriptions sur les images pour les lecteurs d’écran. Des sous-titres sur les vidéos. C’est pas la mer à boire.
Cette semaine j’ai lancé des tests d’accessibilité sur plusieurs de mes projets. Y’a des outils gratuits super bien foutus maintenant. Tu balances ton URL, ça mouline 30 secondes et PAF, t’as la liste de tous tes problèmes. Code couleur simple : rouge = tu fixes ça maintenant, orange = bientôt ce serait bien, vert = bonus si t’as le temps.
Les mairies et autres sites publics, eux, c’est le festival. Obligation légale d’être accessible mais budget de trois francs six sous. Résultat ? Des solutions miracle à base de widgets magiques censés tout régler d’un coup. Spoiler : ça marche jamais ces trucs. C’est comme mettre un pansement sur une jambe de bois.
Ma prise de conscience perso, c’était quand une amie m’a fait la démo. Elle est malvoyante, elle utilise un lecteur d’écran. Voir (enfin, entendre) mon site à travers son outil… catastrophe. Des liens sans contexte qui disent juste « cliquez ici ». Des images décoratives lues comme « image 1, image 2, image 3 ». Des formulaires où tu comprends rien à ce qu’on te demande.
J’étais mort de honte.
Maintenant y’a tout un business autour de ça. Des agences spécialisées qui te promettent la conformité totale. Les tarifs vont de quelques centaines d’euros pour un audit basique à des dizaines de milliers pour une refonte complète. C’est devenu un marché juteux. Logique, dès qu’il y a des amendes, les consultants rapppliquent.
Au fond, je crois que le problème c’est qu’on voit encore l’accessibilité comme une corvée administrative. Genre la RGPD mais en pire. Alors que franchement, c’est juste du design intelligent. Faire en sorte que ton truc marche pour un maximum de gens, dans un maximum de situations. C’est pas de la charité, c’est du bon sens.
Ma mère qui zoom tout à 200%, mon cousin qui peut pas distinguer le rouge du vert, ma voisine avec son arthrite qui peut plus tenir une souris… on va tous y passer un jour ou l’autre de toute façon.














