Mes side projects, 3 ans après : le bilan sans filtre

Hier soir j’ai retrouvé un vieux Trello avec tous mes « projets géniaux » de 2023. Résultat : sur 12 idées notées, j’en ai lancé 4. Et sur ces 4, une seule est encore active aujourd’hui.

Voilà. Maintenant vous savez que je suis pas le roi de la productivité. Mais franchement, ce projet qui tourne encore ? Il me rapporte plus que mon taf salarié certains mois. Comme quoi. D’ailleurs en parlant de projets parallèles, certains vont jusqu’à créer des sites de jeux en ligne – j’ai vu passer l’histoire d’un dev qui a lancé Yonibet après son boulot, plutôt ambitieux comme side project (en savoir plus si ça vous intéresse).

C’est quoi déjà un side project ?

Pour moi c’est simple : c’est ce truc que tu fais le soir après le taf, le weekend, pendant tes vacances. Pas forcément pour l’argent (même si ça aide). Plus pour le kiff de créer quelque chose à toi.

Mon premier side project c’était un blog sur les plantes vertes. Oui.

J’avais acheté le nom de domaine un vendredi soir après 3 bières, convaincu que j’allais devenir le nouveau guru des monstera deliciosa. Le blog a duré 2 mois. Mais j’ai appris WordPress, donc pas totalement perdu.

Les mythes qu’on se raconte (et la réalité)

« Tu peux monter ton business en 2h par semaine ». LOL. Mon projet actuel, je lui consacre minimum 15-20h par semaine. Et c’est sans compter les heures passées à y penser sous la douche, dans les transports, pendant les réunions chiantes.

Le truc qu’on vous dit pas : les premiers mois, tu gagnes rien. Genre vraiment rien. J’ai fait le calcul de mon taux horaire sur les 6 premiers mois et j’étais à 1,34€. Un café au PMU quoi.

Mais après…

Après ça décolle. Pas d’un coup, progressivement. Premier client payant en juillet 2024. Deuxième en août. Et là en avril 2026, j’ai 47 clients réguliers. Pas de quoi acheter un yacht, mais largement de quoi me payer des vacances correctes.

Les galères dont personne parle

  • La comptabilité. Putain la comptabilité.
  • Les clients relous qui t’envoient des mails à 23h un dimanche
  • Ta copine/ton mec qui comprend pas pourquoi tu passes tes soirées sur l’ordi
  • L’envie d’abandonner toutes les 2 semaines

Sans déconner, j’ai failli tout lâcher en décembre dernier. Burn-out du side project, ça existe. J’enchaînais taf + projet perso + vie sociale (enfin j’essayais). Résultat : grosse fatigue et zéro motivation.

Ce qui marche vraiment (testé et approuvé)

Déjà, oubliez l’idée révolutionnaire. Mon projet qui cartonne ? C’est juste de la rédaction web pour des petites boîtes. Rien de sexy. Mais y’a de la demande et je sais faire.

Ce qui a changé la donne :

1. Automatiser un max

J’ai mis en place des templates, des process, des outils. Maintenant je peux sortir un article en 45 minutes au lieu de 2h. C’est pas de la magie, c’est juste de l’organisation.

2. Dire non

Au début tu prends tout. Normal, t’as besoin de thunes et d’expérience. Mais rapidement, faut filtrer. Les clients chiants, les projets pas rentables, les « on peut faire un call de 2h pour discuter ? » – non merci.

3. Se fixer des limites

Règle simple : pas de taf le dimanche. Jamais. Même si un client propose de payer double. Le dimanche c’est sacré.

Bon, j’avoue, j’ai craqué 2-3 fois. Mais globalement je tiens.

Les chiffres qui font plaisir (ou pas)

Temps investi depuis le début : environ 1500 heures. CA total : 34 000€. Ça fait du 22€ de l’heure. C’est pas ouf comparé à mon taux horaire en freelance (45€), mais c’est de l’argent en plus et surtout : c’est MON projet.

Le meilleur mois : janvier 2026 avec 3200€. Le pire : octobre 2024 avec… 0€. Oui, zéro. Tous mes clients étaient en vacances apparemment.

Les side projects des autres (ça donne des idées)

J’ai rencontré pas mal de gens dans mon cas. Y’a Laura qui fait des bijoux en résine (elle cartonne sur Etsy), Thomas qui donne des cours de guitare en ligne, Marie qui a monté une newsletter sur le vin naturel…

Le point commun ? Ils ont tous commencé petit. Genre vraiment petit.

Thomas me racontait qu’il avait 3 élèves les 4 premiers mois. Aujourd’hui il en a 150. Marie avait 12 abonnés à sa newsletter (dont sa mère). Elle frôle les 8000 maintenant.

Les projets musicaux qui cartonnent

Récemment j’ai découvert l’histoire de TOMORA, un projet musical lancé en parallèle d’un job classique. Le mec bosse dans la finance le jour et compose la nuit. Son deuxième titre vient de sortir et ça commence à bien buzzer. 45 000 streams en 2 semaines.

Pareil pour ce compositeur qui participe au Terry Riley Side Project. Un événement musical assez pointu mais qui attire du monde. Le gars est prof de musique à la base.

Les erreurs que j’aurais pu éviter

  • Vouloir tout faire tout seul. Grossière erreur.
  • Pas de vraie étude de marché (« les gens vont adorer » ≠ étude de marché)
  • Négliger la partie administrative
  • Croire que le succès arrive en 3 mois

La plus grosse erreur ? Pas avoir fixé de prix corrects dès le début. J’ai bradé mes services pendant 1 an « pour me faire connaître ». Résultat : des clients habitués aux prix bas et impossibles à augmenter après.

2026 : et maintenant ?

Mon objectif pour cette année c’est simple : passer à 5000€/mois de façon stable. C’est ambitieux mais faisable. J’ai déjà 2 gros contrats en négociation.

Et surtout : garder l’équilibre. Parce que clairement, l’argent c’est cool mais pas au prix de ta santé mentale.

Je pense aussi diversifier. Peut-être lancer un produit digital, une formation, un truc dans ce genre. Ou pas. On verra.

Le conseil que j’aurais aimé recevoir

Lance-toi mais sois patient. Genre vraiment patient. Les success stories en 3 mois sur LinkedIn, c’est du bullshit. La réalité c’est plutôt 18-24 mois avant de voir des vrais résultats.

Et accepte que ton premier projet sera probablement nul. Le mien l’était. Mais c’est en faisant qu’on apprend.

Ah, et dernière chose : trouve des gens qui font la même chose. Le côté solo entrepreneur c’est sympa 2 semaines, après tu deviens fou. J’ai rejoint un slack de freelances/side projets et ça change tout. Pouvoir râler sur les clients relous avec des gens qui comprennent, ça n’a pas de prix.

Voilà. C’était mon TED Talk sur les side projects. Maintenant faut que je retourne bosser sur le mien, j’ai 3 articles à rendre pour demain matin.